Paléosurface, paléorelief, pénéplaine, relief résiduel

 

(N.B. : photos sensibles au survol pour faire apparaitre des explications)

 

 

Crétacé     Jurassique     Trias     Westphalien     Viséen

 

 

Crétacé

Sur la montagne de Pormenaz, un affleurement de calcaire daté du Crétacé supérieur (Turonien/Sénonien d'après PAIRIS B., PAIRIS J.L., PORTHAULT B.- 1973), repose soit  directement sur le socle hercynien, selon un contact purement stratigraphique (cf. photo ci-dessous), soit sur le carbonifère via une intercalation supposée être du Trias (voir ci-après).

 


Affleurement de calcaire crétacé dit du Rocher-Blanc ou de Crête-Blanche (Pormenaz) - partie Nord-Ouest.

 

 

 

 

Crête-Blanche

 


Vue générale du site de Crête-Blanche depuis le Nord-Est.

 

Côté Sud, un petit affleurement permet d'observer du grès carbonifère en contact normal sur le calcaire. Cette position "renversée" est sans doute à mettre en lien avec un éboulement de la falaise carbonifère sur le calcaire en cours de formation.

 

Côté Sud de l'affleurement principal, le calcaire crétacé repose sur une fine bande de roche arkosique (triasique toujours selon PAIRIS), puis sur des grès carbonifères.

 

 

 

Gros plan sur les premiers niveaux de calcaire crétacé.

 

 

Côté Nord, les premiers niveaux de calcaire, constitués de lamines très fines, sont redressés à 70 ° contre un escarpement de carbonifère.

 

 

Vue rapprochée du calcaire massif crétacé, fortement lapiazé (érosion météorique).

 

 

 

 

 

 


 

 

Jurassique

 

Le jurassique n'est quasiment jamais en contact direct avec le socle hercynien dans le secteur. Néanmoins, au-dessus des Praz, un affleurement de calcaire bien connu semble être en contact  avec les gneiss des Aiguilles-Rouges.

 


Affleurement de calcaire jurassique dit des Rafforts au-dessus des Praz (côté Aiguilles-Rouges).

 

 

Côté italien du massif du Mont-Blanc, le granite est en contact avec sa couverture sédimentaire d'âge jurassique moyen-supérieur :


Contact granite-Jurassique de Pra-Sec (It). Le calcschiste arbore un faciès très tectonisé ici.

 

 

 


Contact normal du socle varisque (complexe métamorphique plus ou moins pénétré par le granite dans ce secteur) et des sédiments jurassiques schisteux.

 

 

 

 


 

 

Trias

 

La bordure Nord-Ouest du massif des Aiguilles-Rouges est marquée par une surface de pénéplanation du relief cristallin hercynien. Cette surface, visible de la vallée du Rhône jusqu'à Pormenaz, est inclinée vers le Nord-Ouest en général et subhorizontale dans les secteurs du mont Oreb et de l'aiguille du Belvédère. Elle apparait également ponctuellement dans la vallée du Bon Nant, où elle est basculée vers l'Ouest.

Ce paléorelief a été moulé  lors de la transgression  triasique par des grès et des argilites marins médiolittoraux, c'est-à-dire soumis aux battements de la marée, comme le prouvent les empreintes de pas de "dinosaures", les fentes de dessiction et les ripples marks.
 


 


Contact socle gneissique et grès du Trias (col de Barberine).

 

 

 

 


Contact socle gneissique et grès du Trias (lac de barrage d'Emosson).

 

 

 

 
Contact normal socle métamorphique des Aiguilles-Rouges (gneiss) et grès du Trias (Vieux-Emosson / site à empreintes de "dinosaures").
De gauche à droite : l'interprétation géologique suisse / l'interprétation géologique française (communication de Michel Delamette)
 

 

 

 

 


Contact socle gneissique et grès du Trias (col des Corbeaux).

 

 

 

 

 


Fentes de dessiccation dans les argilites du Trias (Tré-les-Eaux).
Voir: fentes actuelles.

 

 

 

 


Ripples marks dans les argilites du Trias (Tré-les-Eaux).

 

 

 

 


Contact socle gneissique rubéfié et grès du Trias (Tré-les-Eaux).

 

 

 

 


Vue d'ensemble de la surface de pénéplanation du Trias dans le vallon de Tré-les-Eaux.

 

 

 


Vue d'ensemble au Sud du Buet.

 

 

 

 


Contact socle gneissique partiellement rubéfié et grès du Trias (col de Salenton).

 

 

 

 

Le Belvédère

 


Contact socle gneissique et Trias au sommet de l'aiguille du Belvédère - vu depuis le SO.

 

 

 


Sommet du Belvédère (massif des Aiguilles-Rouges).

 

 

Il s'agit du plus impressionnant affleurement de roches sédimentaires du secteur, puisque perché à 2900 m d'altitude, au sommet du point culminant du massif des Aiguilles-Rouges.

On peut observer un fort épaississement de la couche de Trias vers l'Est conjugué avec, d'Ouest en Est, apparitions de plissotements puis de plis subverticaux importants.

Des grès sont nettement visibles à la base de la séquence sédimentaire (sur la gauche de la photo), au contact avec le socle gneissique.

 

 


Vue d'ensemble de la couverture sédimentaire du Belvédère (vu depuis le sud).

 

 

 


Gros plan sur la partie Ouest du site du Belvédère.

 

A noter : les couches subhorizontales et bien parallèles du Trias (à l'opposé de celles plissées de la partie Est) - voir ci-dessous.

 

 


Gros plan sur la partie Est du Belvédère.

 

A noter : le fort épaississement de la couche de Trias ainsi que son fort plissement.

 

 


Vue de la face Sud du Belvédère.

Succession clasique de roches (simplifié) : gneiss (socle varisque) / gneiss rubéfié (partie supérieure altérée du socle = paléosurface) // Trias : grès / argilites / dolomie / schistes noirs / dolomie // Jurassique : calcaire et calcschistes.

 

 


 

 

 


Contact dolomie triasique et gneiss du massif du Mt-Blanc au Biollay.

 

 

Noter que la disposition des couches indique qu’elles ont été renversées par un basculement, d’environ 140° vers le Nord-Ouest, suite à la remontée du massif du Mont-Blanc, depuis leur disposition horizontale originelle (mais une part de ce renversement pourrait être due à un effet de fauchage du versant).

 

 

 


Contact socle gneissique et grès du Trias (Les Epinettes).

 

 

 

 


 Contact socle granitique (granite des Houches) et grès du Trias (entre Les Chavants et Vaudagne).

 

 

 

 


Contact socle gneissique et grès du Trias (St Nicolas de Véroce).

 

 

 


 

 

Westphalien

 

D'une manière très ponctuelle, il est possible d'observer en quelques endroits, d'une façon beaucoup moins spectaculaire que ci-dessus,  le contact entre le socle métamorphique des Aiguilles-Rouges et les sédiments carbonifères.

Aux Posettes par exemple, à la faveur de la chute d'un arbre, le gneiss et sa transition altérée sont visibles, en contact avec le conglomérat du Westphalien D (~303 MA - d'après Bellière - 1987).

 


Contact gneiss-conglomérat carbonifère (Posettes).

 

 

Aux pied des grandes dalles des Déviets, un petit affleurement conglomératique, posé sur le gneiss des Aiguilles-Rouges, est visible au-dessus du chemin qui mène aux Chéserys.


Contact gneiss oeillé-conglomérat carbonifère (Les Déviets).

 

 

 

 


Contact gneiss des Aiguilles-rouges / grès carbonifère aux Rafforts (au-dessus des Praz).

 

 

 

 


 

Viséen

 

La face Est du Prarion représente le meilleur contact entre le socle hercynien gneissique (orthogneiss issu d'un granite vert-rose type Pormenaz/Les Houches) et les schistes noirs viséens ("phyllades" d'après Bellière - 1983).

 


Contact multiple et complexe, sous le Prarion, des schistes viséens et du socle gneissique.

 

Sur ce cliché, on notera la superposition en "sandwich" des deux types de roche sous forme de fines écailles.